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Galerie Annie Gabrielli

Au royaume de Babok
— Olivier Rebufa
Du samedi 31 mars au samedi 19 mai 2018
Vernissage vendredi 30 mars 2018 à 18h30

S’il est connu et reconnu pour ses mises en scène photographiques avec les poupées Barbie, Olivier Rebufa développe depuis des années un autre pan dans son travail, plus personnel, qu’il dévoile aujourd’hui. Invitation au voyage, Au royaume de Babok nous précipite, en effet, dans un ailleurs, autant géographique que spirituel.

Cette exposition, qui fait suite à son autre proposition inspirée de l’Afrique Kawat Kamul (Faire une offrande à un dieu), réunit des œuvres de différentes séries photographiques – dont les Crânes sacrés et les avatars de Mam – ainsi que des objets, cornes en raku et autoportrait-fétiche, et une vidéo. Face à cet ensemble, cohérent par sa force visuelle et plastique et le mystère qui l’habite, nous voilà pris dans les fils des croyances, des traditions et des mythes africains que réinvestit l’artiste, tout en étant dans la reconnaissance de formes issues de l’histoire de l’art et de la photographie. Peut-être est-ce là que se loge la singularité de la démarche artistique d’Olivier Rebufa, dans cette disposition à forger des mythologies du métissage, à la croisée des cultures qui sont les siennes. Entre Occident, Sénégal et Guinée-Bissau.

Ainsi, les Crânes sacrés, figures-masques issues d’assemblages et mises en scène dans des décors où s’invitent les tissus manjuk, les dents et les dollars, renvoient explicitement à la nature morte. En questionnant le genre par les choix qu’il opère – cadrage serré, format vertical, usage exclusif du noir et blanc, traces visibles du processus photographique – Olivier Rebufa sacralise dans le même temps les formes hybrides qu’il crée et auxquelles il semble insuffler la vie. Le réel, agencé et manipulé dans ces œuvres, se charge de signes et de sens grâce aux éléments qui le composent : os, crânes, coquillages, perles, plumes, fibres ou encore argile modelée.

Les cornes en raku, quant à elles, renferment, roulées sur elles-mêmes et scellées, des images prises de nuit en pose longue dans une case sacrée. Incarnations sensibles de cérémonies et de cultes passés, elles matérialisent ce qui a eu lieu – le visible comme l’invisible – et, se dérobant au regard, transfigurent les artefacts de cornes en reliquaires.
Enfin, superpositions de figures animales sur l’image corporelle évanescente d’Olivier Rebufa, les autoportraits numériques Mam hyène et Mam Cheval oscillent entre apparition et disparition, épiphanie et retrait, grâce notamment au clair-obscur et au traitement des surfaces. Dans cette iconographie de la présence et de l’incarnation, les créatures chimériques et complètes qui adviennent de ces réunions, sont à saisir comme autant d’échos de l’autoportrait prototypique Mam. Possibles icônes alors.
Olivier Rebufa emprunte à l’Afrique ses objets et ses croyances, il puise dans l’Occident l’autoportrait et les images. Ces surfaces impressionnées qui fixent et conservent, qui révèlent dans leur étendue des réalités ou des événements dont elles sont les traces visibles. Figures du ça a été barthésien, les photographies de l’artiste apparaissent indéniablement comme des lieux duels et puissants, donnant à voir et donnant à croire. Doublement nourri et fécondé par le chamanisme et les formes artistiques occidentales, le travail d’Olivier Rebufa est peut-être tout entier à l’image de sa version de L’œuvre noire et blanche de Man Ray.




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