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À corps rompu
— Fatima Mazmouz
Du vendredi 17 mars au mercredi 3 mai 2017
Vernissage vendredi 17 mars 2017 à 18h30

Un corps mis en “je”
Lorsqu’il s’est agit de présenter certaines séries d’œuvres de Fatima Mazmouz dans le cadre du Printemps photographique 2015-2016 dédié au Maroc et organisé par la galerie NegPos Fotoloft, la difficulté de trouver un lieu d’accueil s’est révélée définitivement insoluble. Refus sur refus, après trois tentatives, le constat a été fait que si nous ne l’organisions pas dans nos murs, une exposition des œuvres de Fatima Mazmouz serait impossible à produire à Nîmes.
Obligés donc de reporter ce qui s’annonce comme un événement particulièrement détonnant de ce début d’année 2017, nous avons offert à Fatima Mazmouz cette possibilité, cet espace de liberté qui semble aujourd’hui si délicat à trouver pour ses productions. Pas commode, il est vrai, d’aborder les questions qu’elles posent, étant donné le contexte et l’époque. Mais l’on peut tout de même s’indigner d’un manque de courage et de tant d’appréhension de la part de certains...
Les artistes qui consacrent une œuvre à la question de l’avortement sont rares.
En 2016, lors des Rencontres d’Arles, l’exposition dénonciatrice de la photographe et écrivaine catalane Laïa Abril offre au fil d’un inventaire d’objets, de situations, de documents et d’enregistrements audiovisuels, une perspective clairement militante et de lutte toujours d’actualité face au fléau qui touche d’après les chiffres qu’elle avance, environ 47 000 femmes dans le monde. Marina Abramovic, lors d’une interview publiée en novembre 2016 dans le journal allemand Der Taggespiegel, évoque quant à elle le droit des femmes à être libre de leur corps justifiant ainsi ses trois avortements. Ernest Pignon-Ernest, vétéran de l’art in situ, réalise au début des années 1970 un dessin grand format et reproduit en sérigraphies collées aux murs dans la rue, un travail qui peut être considéré comme particulièrement vif et explicite sur les dangers de l’avortement clandestin.

Ses images incarnent donc la tension qui l’habite, oscillant entre la vision d’un corps livré aux regards et les voiles dont il est parfois recouvert. Envisageant de multiples déclinaisons, le sujet est nourri de bien diverses inspirations. Par certaines visions empruntées, comme celle d’une “Virgen de Guadalupe” allongée et entourée d’une couronne de couteaux de cuisine (ou de serviettes hygiéniques), il y a parfois dans le choix des mises en scène un renvoi aux icônes saintes et en particulier à la “mater dolorosa” si justement représentée et actualisée par Frida Kahlo. La comparaison avec Kahlo pourrait d’ailleurs aller plus loin. Les blessures de l’une, causées par un élément mécanique, renvoient à celles physiquement invisibles, connues par l’autre.
Tragiques et puissantes à la fois, fragiles et radicales, baignées d’un rouge on ne peut plus explicite, les narrations produites par Mazmouz auraient pu tomber dans une dramaturgie et une lourdeur didactique plombantes. Pourtant à aucun moment nous n’avons cette sensation d’être les “otages” d’un discours féministe caractérisé. Bien au contraire ! Pleine d’énergie et de volonté de vivre malgré toutes les entraves que le monde lui oppose, maniant un humour (rouge et) noir dévastateur bâti sur la scansion et la répétition (les séries d’objets/outils alignés), le message de Fatima Mazmouz est d’ordre vital et salutaire. Prenons ensemble conscience de l’importance du choix rendu possible, de cette liberté retrouvée.




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